J'ai passé une partie de mon lundi de Pâques à essayer de faire comprendre (en vain, j'admets) à quelqu'un que le slogan "L'Arizona, le bras armé du patronat" est probablement fort mal choisi pour susciter l'adhésion.
C'est pourtant simple à comprendre: la catégorie "patron" est tellement large que cela revient à se mettre la moitié de la Belgique à dos ou presque.
Il en va de même pour "entreprises".
L'antidote est pourtant simple, rafiner les catégories (c'est très Klaro Cards, ça, j'y reviendrai tout bientôt):
- Micro (95.9% des entreprises en Belgique*), petite, moyenne, ou grande ?
- Le chiffre d'affaire: petit, moyen, grand ou très grand ?
- Pertes ou bénéfices ; reportés, distribués, ou réinjectés ?
- Le patron est-il fondateur, travailleur, aucun, ou les deux ?
- L'entreprise écrase-t-elle: personne, son personnel, la planète, ou les deux ?
- Finalité écrite: sans but lucratif, d'économie sociale, de responsabilité limitée ?
- Finalité systémique: indépendance, enrichissement personnel, recherche & développement, commercialisation ?
- Etc.
On m'a répondu, en substance, que les catégories marxistes étaient pleinement opérationnelles (je n'en disconviens pas), de facto suffisantes (ben tiens), et que je manquais de nuance.
Moi j'en ai conclu qu'une gauche comme celle là était un bras mieux armé pour l'Arizona que la très grande majorité des "patrons" belges. Mais ça n'engage que moi bien sûr. Ma main à couper qu'il faudra encore des décennies pour qu'elle se remette en question, sa capacité à identifier des "causes endogènes" étant absente de son ADN.
P.S. Je n'ai pas voté pour les fossoyeurs de l'Arizona, et suis diablement fâchés sur eux aussi. Bref, on est pas sortis de l'auberge.
- Source: statsbel.be